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| Démocratie republicaine - Démocratie vicelarde |
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S´il est certain que la démocratie pure ne peut être que très difficilement pratiquée aujourd´hui, il n´en demeure pas moins vrai que toute expérience démocratique directe ou indirecte hérissée de fraude, d´obstruction, de manipulation conduirait inéluctablement au délitement et à la régression de la société en question. Un tel balbutiement dans l´organisation, la configuration et la gestion des affaires de la collectivité ne peut être qualifié que de « démocratie pouilleuse » -- en allemand Lumpendemokratie --, car elle n´aura pas engendré la « progression » de la collectivité, c´est-à-dire l´épanouissement tridimensionnel – civilisationnel ou culturel, industriel et économique – de l´existence individuelle et collective, signes des aboutissants de la démocratie. Il est à noter qu´il y a progression dans une société lorsque l´amélioration quantitative et qualitative de la culture -- c´est-à-dire de l´instruction jointe à la formation éthique et morale --, de l´industrie, de l´économie, bref du niveau de vie, tant au niveau de l´existence individuelle que collective, est au moins en parfaite adéquation avec la croissance démographique. Ce qui veut dire que si la population croît plus rapidement que l´amélioration quantitative et qualitative du niveau de vie de l´individu et de la collectivité, on parlera dans ce cas de régression.Le Cameroun d´aujourd´hui est-il logé dans l´enseigne de la « progression »? Est-il plutôt inscrit dans la trajectoire de la « régression » ? Le prototype de la « démocratie pouilleuse » -- encore appelée « démocratie vicelarde » -- est l´ex-Zaïre du vergobret Mobutu au crépuscule de son pouvoir. Ce qui caractérise ce modèle, c´est le désir d´un groupuscule d´officiels, d´hiérarques et de gouvernants de paupériser tout le peuple pour le rendre dépendant de la phratrie, et pour le faire chanter occasionnellement. Dans une « démocratie vicelarde », on observe aussi la naissance et le développement d´un nombre considérable de féaux et fayots fourbes. Cependant, nous savons que la louange réside souvent dans le discours des menteurs qui déguisent leurs pensées et vues, l´estime dans l´âme des observateurs, témoins, adjuvants ou opposants francs et honnêtes, qui admirent sincèrement les auteurs d´actes remarquables. L´impression qui se dégage dans un tel régime, c´est le délitement des mœurs, le pourrissement de la vie, le détournement des missions des forces de l´ordre de la protection de l´espace public et du peuple entier vers la protection de la phratrie. La conséquence en est souvent les exactions de toutes sortes commises sur les populations. Toute démocratie doit toujours reposer sur quatre fondementsQuand aux « démocraties modernes » -- qui sont en fait des « démocraties républicaines » --, l´une de leurs faiblesses, c´est l´apparition d´une classe sociale menant certes une vie décente, mais dont le quotidien est hanté par la panique de perdre la survie matérielle. C´est ce qui provoque la pression psychologique permanente dont souffrent la plupart des habitants des « démocraties républicaines », et c´est ce qui les prive de leur liberté. En ce sens, l´assertion selon laquelle la plupart des gens du Septentrion de notre village planétaire ne sont pas libres – selon l´acception que Georges Bernanos attribue ou confère à ce terme –, n´est pas totalement inexacte. Selon Georges Bernanos, un homme libre est celui qui s´impose une certaine discipline individuelle conforme à l´idéal de vie qu´il s´est choisi. Bernanos explique : « l´Etat ne craint qu´un rival, l´homme. Je dis l´homme seul, l´homme libre…Non pas le réfractaire brutal et sommaire, non pas l´anarchiste intellectuel, qui est de tous les intellectuels le plus ridicule, et, pour employer le mot célèbre de Proudhon, le plus 'femmelin'. Je dis l´homme libre, non le raisonneur ou la brute ; l´homme capable de s´imposer à lui-même sa discipline, mais qui n´en reçoit aveuglément de personne ; l´homme pour qui le suprême confort est de faire, autant que possible, ce qu´il veut, à l´heure qu´il a choisie, dût-il payer de la solitude et de la pauvreté ce témoignage intérieur auquel il attache tant de prix ; l´homme qui se donne ou se refuse, mais qui ne se prête jamais…Que de tels gens soient le type accompli de l´humanité, nous ne le prétendons pas. Nous ne souhaitons même pas que leur nombre aille sans cesse croissant. Nous savons seulement que lorsque l´espèce en devient trop rare on voit aussitôt l´esprit de Légalité l´emporter sur l´Esprit de Justice, l´Obéissance devenir Conformisme et les institutions imaginées pour la protection des individus et des familles les sacrifier à leur furieux accroissement. » Dans les « démocraties républicaines », la plupart des gens de la classe aux conditions économiques décentes, la classe des survivant(e)s, ont par exemple une liberté de parole formelle qu´ils n´exercent pas, de peur de perdre du jour au lendemain la base de la survie matérielle. Or, dans le Septentrion du village planétaire, il est quasiment impossible de compter sur le village après avoir perdu sa base matérielle. L´espace vital et les ressources s´obtiennent contre espèces sonnantes et trébuchantes, et la pratique de la solidarité et de la charité est devenue rarissime. Néanmoins, nous savons que toute démocratie doit toujours reposer sur quatre fondements : 1. La liberté autonome, c´est-à-dire le droit qu´a l´individu de prendre lui-même ses décisions ; 2) l´isonomie ou l´égalité de tous devant la loi ; 3) la souveraineté du peuple, c´est-à-dire tout citoyen qui dispose du droit de vote, doit être exhorté, par les pouvoirs publics, à l´exercer chaque fois que l´occasion se présentera ; 4) la recherche du bien commun, qui est la finalité de la démocratie ; c´est pourquoi Périclès affirmait dans La guerre du Péloponnèse : « Parce que notre régime sert les intérêts de la masse des citoyens et pas seulement d´une minorité, on lui donne le nom de démocratie ». Plus loin, Périclès déclare : « Nous obéissons aux lois, à celles surtout qui assurent la protection des victimes de l´injustice et à ces lois non écrites qui attirent sur ceux qui les transgressent le mépris général. » Tous les Camerounais, en commençant par les gouvernant(e)s, adhèrent-ils à ces principes ? On distingue généralement la démocratie directe de la démocratie indirecte. Bien qu´il soit le plus souvent admis que le vocable démocratie est essentiellement grec, pour aussi signifier que la démocratie naquit en Grèce, il n´en demeure pas moins exact que la « démocratie pure » fut pratiquée, selon le sociologue Baechler, à l´aube de l´humanité par des groupes vivant de la chasse et de cueillette. On peut ajouter que les communautés acéphales en Afrique, au Cameroun méridional par exemple, ont pratiqué la « démocratie pure » jusqu´à l´époque contemporaine En effet, l´Afrique était et est composée de peuples, peuplades et communautés ayant à leurs sommets des rois et des chefs traditionnels ; mais on y trouve aussi des peuples qui ne reconnaissent pas de dirigeant au-dessus de toutes les composantes de leurs sociétés. C´est le cas des sociétés acéphales. La démocratie athénienne était directe parce que le peuple ou « Ekklesia » -- composé seulement d´hommes nés de parents athéniens, âgés au moins de dix-huit ans -- y exerçait directement le pouvoir. Le peuple votait les lois, prenait les décisions et nommait les fonctionnaires – ou «magistrats » -- pour une durée d´un an. Les fonctionnaires faisaient partie d´un Conseil appelé « Boulè ». Les magistrats devaient rendre compte de leur travail au bout de leur mandat. Nous sommes loin de la conception qui veut, dans certaines « démocraties » contemporaines, que les magistrats continuent à vaquer aux affaires de la collectivité jusqu´au moment où ils prendront le chemin de leur dernière demeure. Chaque membre du peuple pouvait participer à l´Assemblée, y prendre la parole, ou occuper un poste en tant que « magistrat » ou fonctionnaire. Le procédé utilisé à l´époque était celui du tirage au sort. Tout membre du peuple âgé de plus de trente ans avait de plus la possibilité de se faire nommé, par tirage au sort, au « Tribunal » (« Héliée »), ou au groupe restreint de dix stratèges , chargés de la défense de la collectivité. Les stratèges étaient responsables devant le Conseil et l´Assemblée. Seule la discrimination – excluant les femmes, les étrangers et les esclaves de la vie démocratique – constituait et constitue le principal talon d´Achille de la démocratie directe athénienne. Les démocraties indirectes contemporaines sont en réalité des « démocraties républicaines » |
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